Programme de formation post-doctoral en neurochirurgie

Le programme a une durée de 6 ans, comprenant 2 années de tronc commun en chirurgie en début de formation. En fin de programme, le Collège Royal indique que le (la) candidat(e) devrait avoir accompli un total de 36 mois de stages en neurochirurgie clinique.
La structure de formation est la suivante :
PHASE A (R1 et R2) Tronc Commun de chirurgie :
6 à 9 mois de stage en neurochirurgie (introduction à la neurochirurgie).
Rotations en chirurgie générale, soins intensifs, chirurgie vasculaire et thoracique, orthopédie, anesthésie, O.R.L., plastie, maladies infectieuses, neuro-ophtalmologie.
PHASE B (R3 et R4) Sciences Neurologiques
Rotations en : Neuro-radiologie (3 mois)
Neuropathologie (3 mois)
Neurologie (3-6 mois)
Recherche (6 mois)
6 mois de stage en neurochirurgie clinique.

PHASE C (R5 et R6) Neurochirurgie
12 mois de stage sont accomplis à Montréal, dans les programmes de l'Université McGill et de l'Université de Montréal : 3 à 6 mois de neurochirurgie pédiatrique et 6 à 9 mois de neurochirurgie axés sur la chirurgie fonctionnelle (épilepsie, mouvements anormaux, douleur).
12 mois de stage en neurochirurgie clinique au C.U.S.E.
Il est également possible, voir souhaitable, en cours de formation et après entente avec le directeur de programme et le directeur du service, de faire un stage de 3 mois dans un service non agréé par les collèges, pour fins de formation ("stage en région", "Community Neurosurgery").
Objectifs

Le programme a comme objectifs généraux de former des praticiens qui :
1- Répondent aux besoins de santé de la population nord-américaine et en particulier de la population québécoise.
2- Seront des neurochirurgiens compétents, c'est-à-dire aptes à solutionner les problèmes cliniques courants de la spécialité, conscients des priorités de traitement et connaissant les limites de leur compétence.
3- Auront acquis des habitudes d'auto-évaluation et d'auto-apprentissage, de façon à pouvoir faire face tout au long de leur carrière aux nécessités de leur développement professionnel.
4- Seront familiers avec les techniques modernes de recherche de l'information et d'actualisation des connaissances.
5- Auront acquis les techniques de la présentation et de la publication médicale.
6- Seront aptes à communiquer et collaborer avec les autres professionnels de la santé afin de s'adapter à l'évolution de plus en plus multidisciplinaire de la pratique médicale.
7- Établiront des relations interpersonnelles de qualité avec leurs patients comme avec les autres membres de l'équipe soignante.
8- Auront effectué leur résidence dans un contexte d'épanouissement et de valorisation personnelle.
9- Répondront aux standards de performance exigés par les organismes officiels de certification aux niveaux provincial et fédéral.
10- S'impliqueront dans le développement de la neurochirurgie et dans les activités des sociétés professionnelles.
11- Seront des avocats de la prommotion de la santé, spécifiquement dans les disciplines neurochirurgicales et les disciplines connexes à ce domaine.
12- Auront développer des aptitudes à utiliser les ressources de facon judicieuse, et à gérer adéquatement l'utilisation des nouvelles technologies.
Par ailleurs, des objectifs globaux spécifiques concernent spécifiquement les compétences can-meds 2000. Ces objectifs sont énumérés ci-bas, et sont inclus et adaptés dans chacune des 3 phases de l'entrainement tel que discuté dans le présent document.
Objectifs spécifiques à chaque phase de formation
PHASE A
Les objectifs généraux de cette phase sont ceux du tronc commun en chirurgie et visent à la réussite de l'examen des sciences de base du Collège Royal, tout en permettant un premier contact avec la neurochirurgie.
Les stages accomplis durant cette phase sont placés sous la responsabilité du programme du Tronc Commun.
Cependant les résidents de notre programme étant acceptés dès l'années R1, un lien étroit est maintenu entre les deux programmes, tant du point de vue de la grille de stage que de l'évaluation.
Ce qui est maintenant convenu d'appeler les rôles Can-Med est désormais intégré de manière plus ciblée à l'ensemble du programme d'enseignement. Lors de la phase A l'emphase est initialement mise sur la capacité de collaboration, la capacité de communication, l'érudition ainsi que l'expertise médicale. Dès le début de leur entraînement, les résidents sont amenés à collaborer d'abord et avant tout avec les patrons et avec leurs propres collègues du service de neurochirurgie, mais aussi avec les différentes équipes impliquées dans les soins aux patients. La rotation aux soins intensifs est un exercice particulièrement stimulant de ce côté.
Durant les premières phases de leur entraînement, les résident(e)s sont amenés à communiquer avec les patients ainsi qu'avec leur famille sur un mode graduel. En phase précoce d'entraînement, on est souvent mis en contact avec le patient et sa famille, en première ligne, ce qui permet d'établir les contacts et d'apprendre à gérer le traitement de l'information initialement transmise, ultimement sous supervision du médecin traitant.
L'aspect érudition est stimulé tout au long de la résidence par les clubs de lecture, les réunions multidisciplinaires et les différentes activités académiques où les résident(e)s sont à tour de rôle sollicités. Lors de ces activités, une attention particulière est aussi portée à l'analyse de la méthodologie utilisée dans le rapport de certaines publications. Le résident peut constamment se reporter au cahier des objectifs pour structurer son plan d'étude; cependant, en tant qu'auto-apprenant, il n'appartient qu'à lui de mettre sur pied une stratégie d'étude réaliste. Le résident(e) est bien sûr supervisé tant au niveau du tronc commun que du service de neurochirurgie dans son apprentissage par des examens formatifs.
L'aspect expertise médicale est aussi stimulé chez le résident(e) débutant compte tenu du fait que ce dernier est souvent mis en contact avec les patients en première ligne. Il lui est donc possible de formuler des hypothèses précoces qui seront par la suite confrontées à l'opinion du reste de l'équipe et du patron traitant. C'est en suivant le mode d'essais et d'erreurs que le résident initialement réussira à harmoniser ses aptitudes diagnostiques et thérapeutiques. Dans les stades plus tardifs de la formation, un mode beaucoup plus sophistiqué misant d'abord et avant tout sur l'expérience et sur une banque de données acquises tout au long de la formation, permettra aux résidents de raffiner ses aptitudes en expertise médicale.
La neurochirurgie étant une spécialité lourde et comportant des pathologies souvent associées à un pronostic sévère, l'aspect éthique des discussions avec le patient et/ou avec les familles, est omniprésent lors des stages de neurochirurgie et des stages aux soins intensifs. Pour ce qui est des autres spécialités du tronc commun, ces considérations s'appliquent évidemment et l'aspect de l'enseignement de l'éthique est prise en charge par les différents services où le résident fait sa rotation.
Objectifs spécifiques (érudition)
L'aspect érudition est stimulé tout au long de la résidence par les clubs de lecture, les réunions multidisciplinaires et les différentes activités académiques du tronc commun où les résident(e)s sont à tour de rôle sollicités. Lors de ces activités, une attention particulière est aussi portée à l'analyse de la méthodologie utilisée dans le rapport de certaines publications. Le résident peut constamment se reporter au cahier des objectifs pour structurer son plan d'étude; cependant, en tant qu'auto-apprenant, il n'appartient qu'à lui de mettre sur pied une stratégie d'étude réaliste. Le résident(e) est bien sûr supervisé tant au niveau du tronc commun que du service de neurochirurgie dans son apprentissage par des examens formatifs. Par ailleurs, le résident doit structurer son étude dans la phase A dans le but de passer avec succès ses examens de sciences de base.
Objectifs spécifiques (Communication)
Le (la) résident(e) amorce un premier contact avec le patient et sa famille en tant que membre de l'équipe traitante. Il (elle) aura à développer une approche de communication cohérente avec le patient, sa famille ainsi que le personnel médical et paramédical impliqué dans les soins du patient. Cette compétence est essentielle pour toute discipline chirurgicale, ou l'intégrité du patient sera ultimement altérée par un geste considéré comme invasif. Le lien de confiance découlant des premières rencontres doit donc être intense, et implique de la part des membres de l'équipe traitante, le déploiement d'une stratégie permettant un échange d'information adéquat, ajusté au niveau de compréhension du patient et des membres de sa famille.
Objectifs spécifiques (collaboration)
Dès le début de leur entraînement, les résidents sont amenés à collaborer d'abord et avant tout avec les patrons et avec leurs propres collègues du service de neurochirurgie, mais aussi avec les différentes équipes impliquées dans les soins aux patients. La rotation aux soins intensifs est un exercice particulièrement stimulant de ce côté. Dans cette phase, la capacité de collaboration est évaluée par les responsables de chacun des stages visités.
Rotation en Neurochirurgie Clinique ("Introduction à la Neurochirurgie") :
Durée : 6 à 9 mois
Objectifs généraux :
Connaître les bases des sciences fondamentales pertinentes à la neurochirurgie, obtenir un premier contact avec les pathologies et procédures neurochirurgicales, être apte à faire face aux urgences neurochirurgicales, maîtriser la base des techniques d’investigation.
Objectifs spécifiques :
Après le Tronc Commun en chirurgie, le (la) résident(e) entreprend une phase de formation dédiée à l’acquisition de connaissances solides en sciences neurologiques, une initiation à la recherche et un nouveau contact clinique avec la neurochirurgie.
Pour ce qui est des compétences Can-med, la phase B mettra plus particulièrement l’accent sur l’érudition, la gestion, la collaboration et l’expertise médicale. Durant cette phase, le résident travaille principalement à se construire une base de données en sciences fondamentales neurochirurgicales qui lui permettra de développer son expertise médicale. Le résident(e) pourra plus particulièrement approfondir ses connaissances et ses aptitudes diagnostiques et thérapeutiques. Le résident(e) apprendra évidemment à voir la pratique sous un autre angle, celui du neuro-radiologiste avec qui il aura à travailler en collaboration étroite plus tard, celui du neuropathologiste et celui du neurologue avec qui il aura à partager de l’information. Il mettra sur pied un plan de traitement pour le patient.
La gestion des ressources est aussi un point qui sera traité durant la phase B de l’apprentissage du résident. Le résident apprendra entre autre les indications des différents examens radiologiques ainsi que des différentes manipulations pathologiques afin de constituer un diagnostic solide. De toute évidence, l’érudition sera aussi grandement développée et le résident(e) qui est amené à prendre une pause virtuelle dans son travail clinique durant cette phase, se voit consacrer plus de temps pour son étude et donc se doit de mettre en branle un plan d’étude lui permettant d’exploiter des horaires moins chargés cliniquement.
Les objectifs spécifiques quant aux apprentissages précis à chaque stage sont énumérés ci-bas. Le résident insiste ici sur l’acquisition de connaissances en sciences de base neurologique.
Tel que mentionné plus précédemment, l’aspect érudition est stimulé tout le long de la résidence lors des clubs de lectures et des réunions académiques. Par ailleurs, autant en pathologie qu’en radiologie, les résidents doivent se confectionner un programme d’étude personel pour couvrir les différents aspects de la matière.
Le résident intègre à ses connaissances des algorithmes d’aiguillage des patients vers les diférentes modalités d’imagerie. Ces algorithmes se doivent de tenir compte de la réalité de la pratique, et doivent fournir l’information nécessaire au traitement du patient, sans toutefois consummer induement les ressources. Cet équilibre est souvent difficile à atteindre en pratique Nord américaine, ou l’influence de nos voisins du Sud crée souvent une exagération dans la quantité et la nature des examens demandés, la plupart du temps pour des raisons non-médicales. Le résident pourra plus facilement atteindre cet équilibre dans la phase finale de son entrainement, en se référant à son expérience durant son séjour en radiologie et en pathologie.
Cette période comporte une exposition significative à différentes spécialités avec lesquelles le résident aura à travailler en étroite collaboration plus tard. En lui permettant de voir la pratique du point de vue de ces spécialités, le résident sera sensibilisé à la réalité de ces pratiques, différentes à bien des égards de la pratique neurochirurgicale.

Stage de Neuropathologie (3 mois)
Stage de neurologie (3 mois)
Stage de Recherche (6 mois)
Stage de recherche en neuro-oncologie
Le stage de recherche en neuro-oncologie se veut d’abord et avant tout une immersion en recherche fondamentale, et implique du travail en laboratoire au niveau des lignées cellulaires, et en animalerie, au niveau de modèles animaux. Le stage de 6 mois débute avec la mise sur pied d’un projet de recherche ciblé, s’articulant aux lignes directrices suivies par le laboratoire. Ce projet implique d’emblé du travail avec les modèles animaux de gliome malins, la manipulation de lignées cellulaires de gliomes malins, l’utilisation de molécules thérapeutiques et les manipulations de la barrière hémato-encéphalique.
Stage de rechercher au laboratoire de recherche sur la douleur
Le laboratoire de recherche sur la douleur s’intéresse aux sciences neurologiques dans le phénomène de la douleur chronique. Les approches expérimentale utilisés reposent principalement sur : les mesures psychophysiques de la perception de la douleur clinique, l’utilisation de l’électrophysiologie (ECG, GSR) pour déterminer le rôle du système nerveux autonome dans la douleur et les mesures sérologiques d’hormones dont la progestérone, l’estrogène, la testostérone et le cortisol pour déterminer le rôle de certains facteurs dont les différences selon le sexe et le rôle du stress dans la douleur.
Cette période de la formation permet au résident(e) de débuter l’étude systématique des grands chapitres de la neurochirurgie clinique. Sur le plan technique, la participation aux interventions devient plus active et le (la) résident(e) maîtrise les grands principes techniques des interventions crânio-spinales, en particulier les voies d’abord des divers compartiments du SNC. Les objectifs spécifiques énoncés plus bas doivent être atteints en fin de phase (programme d’étude de 2 ans).
Au terme de la phase B, le (la) résident(e) aura acquis une connaissance approfondie des domaines neurochirurgicaux correspondant aux clubs de lectures couverts durant cette période (le manuel de Youmans sert de base au plan d’étude, aux activités académiques et à l’évaluation – voir plus loin-). Les thématiques couvertes sont toutes rassemblées à la phase C de la formation pour assurer au résident un suivi cohérent et concis de sa formation académique.
Au terme de cette phase, le (la) résident(e) sera en mesure de pratiquer les abords les plus courants en neurochirurgie. C’est durant cette phase que doivent être mises en place les données essentielles d’anatomie chirurgicale et microchirurgicale nécessaires à la pratique neurochirurgicale.
Le (la) résident(e) entreprend la phase finale de sa formation. Cette phase est entièrement consacrée à la neurochirurgie clinique, avec des stages en surspécialité (neurochirurgie pédiatrique et fonctionnelle). Au terme de ces deux ans, le (la) résident(e) est prêt(e) à se présenter aux examens de spécialité du Collège Royal et du Collège des Médecins, et à s’orienter en pratique neurochirurgicale académique ou régionale.
La dernière phase de l’entraînement, la phase "C" permet au résident(e) de mettre à profit les connaissances acquises durant les deux premières phases pour raffiner son approche face au patient atteint d’une pathologie neurochirurgicale et mettre sur pied un plan de traitement cohérent et en accord avec les pratiques admises de sa spécialité.
Le résident(e) possède donc une bonne banque de données qu’il doit utiliser afin de raffiner son expertise médicale. À cette étape, le résident(e) doit être capable d’extraire l’information nécessaire et appliquer l’information pertinente dans la construction d’un plan de traitement efficace et respectant l’éthique professionnel. Le résident se doit de pouvoir communiquer cette information au patient ainsi qu’à sa famille de manière appropriée, professionnelle, respectueuse et à l’aide d’un vocabulaire adapté aux connaissances de ces derniers.
Dans son travail de tous les jours, le résident(e) est amené à collaborer autant avec le personnel de l’hôpital qu’avec les différentes spécialités et il doit se montrer un collaborateur respectueux de ses collègues. Comme le résident est amené à prendre en charge, à cette étape, le diagnostic et le traitement des patients, il apprend graduellement à répartir sagement les ressources (gestion) et est confronté aux limites de notre système de santé. Il doit travailler avec efficacité et efficience à organiser des soins de manière optimale. Le résident(e) sera aussi appelé à faire la promotion de la santé auprès de ses patients et des familles, en fonction des différents facteurs de risque reliés à la pratique neurochirurgicale. Il devra développer son érudition en vue des examens finaux de spécialité. Ses connaissances sont d’ailleurs vérifiées tout au cours de son entraînement et plus particulièrement à la dernière année, lors de la préparation des examens.
